6ᵉ Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants : Sarah El Haïry réaffirme l’engagement de la France contre l’exploitation des enfants

Communiqué de presse

Publié le | Temps de lecture : 4 minutes

Crédit : Haut-commissaire à l'Enfance

À l’occasion de la 6ᵉ Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, organisée à Marrakech du 11 au 13 février 2026, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a réaffirmé l’engagement de la France contre l’exploitation des enfants, en cohérence avec la cible 8.7 des objectifs de développement durable des Nations unies.

Dans son intervention, Sarah El Haïry a rappelé que les pires formes de travail des enfants (esclavage, traite, exploitation sexuelle, activités criminelles ou travaux dangereux) constituent avant tout de graves violations des droits humains.

S’appuyant sur les dernières estimations mondiales 2024 de l’Organisation internationale du travail, Sarah El Haïry a rappelé que 138 millions d’enfants dans le monde sont encore concernés par le travail des enfants, dont 54 millions exposés à des travaux dangereux. Si la tendance est à la baisse, le rythme actuel reste très insuffisant : pour atteindre l’élimination du travail des enfants d’ici 2030, les progrès devraient être onze fois plus rapides.

Si des progrès notables ont été réalisés ces dernières années, notamment grâce au Programme phare mondial IPEC+ et à l’Alliance 8.7, ayant permis une réduction de 100 millions du nombre d’enfants victimes de travail depuis l’an 2000, la haute-commissaire a souligné que ces avancées restent fragiles. Les crises sanitaires, les conflits armés et l’instabilité économique ont mis en lumière la nécessité d’intensifier l’action collective.

Ces résultats ne doivent en aucun cas nous conduire au relâchement. La dynamique engagée exige une mobilisation constante de l’ensemble des acteurs. Gouvernements, entreprises, organisations d’employeurs et de travailleurs, organisations internationales et société civile : nous devons collectivement demeurer vigilants et déterminés à consolider les progrès accomplis. Dans certaines régions du monde, nous observons un recul préoccupant des cadres juridiques et des mécanismes de protection, révélateur d’un débat plus profond sur les valeurs et sur la place accordée aux droits fondamentaux des enfants. C’est précisément dans ce contexte d’incertitude que notre engagement doit être renforcé, afin de préserver les acquis et d’accélérer l’action.

Dans ce contexte, la haute-commissaire a souligné le rôle moteur de la France, pays pionnier de l’Alliance 8.7, qui s’est dotée d’une stratégie nationale multipartite pour lutter contre le travail des enfants, le travail forcé, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains, en France comme dans les chaînes de valeur mondiales.

Elle a également mis en avant les politiques françaises renforçant la prévention, la protection des mineurs victimes et la lutte contre l’exploitation, notamment sexuelle, y compris face aux nouvelles formes liées au numérique (plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, stratégie nationale de lutte contre l’exploitation sexuelle et le système prostitutionnel 2024-2027, etc.).

Face à l’émergence de nouvelles formes d’exploitation liées au numérique, la haute-commissaire a insisté sur la nécessité de lutter contre les réseaux criminels également en ligne, afin de garantir un environnement numérique sûr pour les enfants.

Enfin, le Cadre d’action mondial de Marrakech a été adopté : il réaffirme les fondements juridiques internationaux, le rôle central du dialogue social, la nécessité d’une approche fondée sur les droits humains et appelle à un changement de paradigme vers une action transformatrice, assortie d’indicateurs mesurables et d’un suivi régulier à l’horizon 2030.

La « feuille de route 2030 » s’articule autour de priorités structurantes : ratification universelle de la Convention n°138 sur l’âge minimum, mise en conformité des cadres juridiques nationaux, élimination effective des pires formes de travail des enfants (y compris en ligne), renforcement de l’inspection du travail, lutte contre l’exploitation sexuelle commerciale et la traite, attention particulière au travail des enfants dans l’agriculture, promotion du travail décent pour les adultes, accès universel à l’éducation gratuite et à la protection sociale, responsabilité accrue dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et renforcement de la coopération internationale et des financements.

Enfin, Sarah El Haïry a rappelé que la cible 8.7 constitue une obligation morale, juridique et collective : « Aucun développement économique, aucune transformation numérique ne peut se faire au détriment des droits fondamentaux des enfants. Chaque enfant libéré est une victoire pour nos sociétés. », appelant à une mobilisation collective renforcée des États, des entreprises et de la société civile.

Secrétariat presse

Haute-commissaire à l'Enfance 
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75007 Paris  

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