Aides et accès au logement en cas de perte d’autonomie ou de handicap

Publié le Mis à jour le 18/09/2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Crédit : Krisada tepkulmanont / Getty Images

Face à la perte d’autonomie liée à l’âge, au handicap ou à la maladie, différentes solutions d’hébergement et d’accompagnement peuvent être mobilisées afin de garantir une prise en charge adaptée. Cet article présente les principales aides et formes d’accueil existantes, de l’accueil familial aux établissements d’accueil médicalisé ou non médicalisé. 

Les aides au logement

Les aides au logement ne sont pas cumulatives et dépendent des ressources et de l’âge du bénéficiaire :

  • L’aide sociale à l’hébergement (ASH) peut être demandée auprès du conseil départemental par les personnes âgées hébergées en accueil familial ou en établissement ou par les personnes en situation de handicap accueillies dans certaines structures ou chez un accueillant familial. L’ASH est soumise à des conditions de revenus et bénéficie aux personnes de plus de 65 ans.
  • L’aide personnalisée au logement (APL) est une prestation financière versée par la Caisse d'allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA) afin de réduire le montant du loyer (ou de la redevance en foyer) pour les personnes disposant de revenus modestes.
  • L’allocation de logement familiale (ALF) est une aide visant à payer le montant d’un loyer ou de la redevance si la personne est hébergée en foyer. Elle est également délivrée par la CAF ou la MSA sous condition, notamment si la personne bénéficie de prestations familiales, de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) ou si elle a à sa charge un ascendant de plus de 65 ans.
  • L’allocation de logement sociale (ALS) peut être accordée sous condition de ressources pour une résidence principale.
  • La majoration pour la vie autonome (MVA) s’adresse aux personnes en situation de handicap bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) et qui vivent dans un logement indépendant. Elle donne une aide pour les dépenses d’entretien du logement. La MVA suppose notamment un taux d'incapacité d'au moins 80 %, un logement indépendant, l'absence de revenu d'activité et surtout la perception d'une aide personnelle au logement (APL, ALF ou ALS).

Les demandes d'aides au logement se font auprès de la CAF (caisse d’allocations familiales) ou de la MSA (mutualité sociale agricole) . La demande d’aide sociale à l’hébergement (ASH) s’effectue auprès du conseil départemental.

Les aides pour adapter le logement

  • MaPrimeAdapt’ est l'aide financière unique distribuée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) pour financer les travaux d'adaptation du logement des personnes âgées ou en situation de handicap. Son objectif est de prévenir les chutes, de faciliter le quotidien et de permettre le maintien à domicile en toute sécurité. L’Anah accorde également d’autres subventions pour l’amélioration et la rénovation des résidences principales. Ces aides sont soumises à des conditions de ressources et uniquement pour des logements occupés à titre de résidence principale. Rendez-vous sur le site de l’Anah.
  • L’aide accordée par l’Action logement pour l’adaptation du logement des personnes en situation de handicap prend la forme d’un prêt à taux préférentiel. Son montant peut atteindre jusqu’à 10 000 euros sur une durée maximale de 10 ans. Elle est destinée aux salariés propriétaires occupants. 
  • Le prêt à l’amélioration de l’habitat (PAH) de la CAF permet d’obtenir un prêt avec 1 % d’intérêt, pour l’adaptation du logement sous certaines conditions. Rendez-vous sur le site de la CAF de son domicile.

Personnes âgées : accueil en établissement et ou en habitat partagé

Les établissements médico-sociaux

L’évolution d’une maladie dégénérative et les conséquences de la perte d’autonomie nécessitent souvent un accompagnement pluridisciplinaire. Dans cette situation, un accueil en établissement médico-social peut constituer une solution adaptée à même d’apporter les soins et l’aide nécessaires au quotidien.  

  • Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont des maisons de retraite médicalisées qui proposent un accueil permanent ou temporaire. Certains sont spécialisés, ou ont un pôle spécialisé dans l’accueil des malades d’Alzheimer : il s’agit des pôles d’activités et de soins adaptés (PASA). Ces pôles permettent aux résidents ayant des troubles du comportement modérés d’accéder pendant la journée à des activités sociales et thérapeutiques au sein d’un espace de vie spécialement aménagé, avec un environnement rassurant. Certains EHPAD disposent également d’unités d’hébergement renforcé (UHR) pour accueillir des personnes avec des troubles particulièrement avancés. 
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  • Si l’état de santé de la personne le nécessite, elle peut être admise dans une unité de soins de longue durée (USLD) qui est rattachée à un hôpital. Les moyens médicaux qui y sont mis en œuvre sont plus importants que dans les EHPAD.

L’habitat partagé

L’habitat partagé regroupe toutes les formes d’habitat permettant aux personnes âgées de vivre chez elles sans être seules, tout en ayant accès à un certain nombre de services (sanitaires, sociaux, médico-sociaux ou autres). Cette offre peut ainsi constituer une alternative à l’hébergement en établissement.

  • Les résidences-autonomie proposent des logements individuels et sécurisés − dans lesquels le résident apporte son mobilier − avec des services collectifs (restauration, animation, etc.) et la possibilité de faire appel à un service d’aide à domicile. Elles permettent d’avoir un logement indépendant dans une résidence où chacun peut, s’il le souhaite, partager des moments avec la collectivité et bénéficier d’activités diversifiées. Elles sont également investies d’une mission de prévention de la perte d’autonomie. Cette formule d’accueil est destinée aux personnes âgées autonomes qui souhaitent conserver leur indépendance dans un cadre de vie sécurisé.
  • Les résidences services proposent des logements autonomes avec des services collectifs aux personnes âgées qui peuvent aussi bénéficier de services individuels à la personne et d’activités de loisirs. Elles constituent une offre privée, qui n’est pas médicalisée et ne relève pas du secteur médico-social.
  • L’habitat inclusif est un mode d’habitation destiné aux personnes âgées qui souhaitent partager un logement et élaborer avec d’autres habitants un projet de vie sociale et partagée. Ainsi, chacun dispose de son espace privatif et bénéficie d’activités organisées au sein de l’espace commun. Les habitants peuvent faire appel à des services d’aide et de soins à domicile quand ils le souhaitent, selon les modalités qu’ils définissent collectivement. Afin de soutenir l’organisation de la vie sociale et partagée au sein des habitats inclusifs, les personnes qui y résident peuvent bénéficier indirectement de l’aide à la vie partagée (AVP). Versée par le département aux porteurs de projets d’habitat inclusif ayant conclu une convention avec celui-ci, cette aide contribue au financement de l’animation du projet de vie sociale et partagée et au fonctionnement de l’habitat inclusif.
  • Les colocations Alzheimer s’adressent à des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer ou une autre maladie neurocognitive, qui souhaitent bénéficier d’un cadre de vie partagé et d’un accompagnement adapté, tout en conservant un environnement de type familial. Elles présentent des similitudes avec l’habitat inclusif puisqu’elles proposent des espaces privatifs, un lieu commun et qu’elles s’organisent autour d’un projet de vie sociale et partagée. Elles emploient aussi un coordonnateur de la vie sociale et partagée et comportent des services à la personne internalisés, avec des assistantes de vie présentes 24 heures sur 24. Elles comprennent un nombre limité d’habitants, le plus souvent entre 7 et 10.  
  • L’accueil familial est l’accueil par un particulier, à son domicile, à titre onéreux, d’une personne âgée ou d’une personne adulte en situation de handicap. La personne dispose d’une chambre, participe à la vie de famille et bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Le dispositif est encadré par le département qui agrée, forme et contrôle les accueillants familiaux et assure le suivi social et médico-social des personnes accueillies.

Hébergement d’une personne en situation de handicap

Séjour court ou non médicalisé 

  • L’accueil temporaire permet à une personne en situation de handicap d’être accueillie dans un établissement pour une durée limitée (90 jours par an de manière continue ou discontinue) avec ou sans hébergement. L’accueil temporaire vise à :
    • accueillir un enfant ou un adulte qui est en attente d’une solution d’accompagnement adaptée ;
    • permettre aux proches aidants de bénéficier d’un temps de répit ;
    • répondre à une situation d’urgence ou à une rupture temporaire de l’accompagnement habituel (hospitalisation d’un parent, rupture d’accueil dans une structure, etc.) ;
    • permettre à une institution qui rencontre des difficultés dans l’accompagnement d’une personne en situation de handicap de proposer une alternative de prise en charge adaptée.
  • Les établissements d’accueil non médicalisé (EANM) proposent un accompagnement adapté aux besoins et au niveau d’autonomie des adultes en situation de handicap. Ils peuvent notamment prendre la forme de foyers de vie ou de foyers d’hébergement et proposer, selon leur autorisation, un hébergement, des activités, un accompagnement à la vie quotidienne et des actions favorisant l’autonomie et la participation à la vie sociale. Plus précisément : 
    • Les foyers de vie ou foyers de vie occupationnels ou centres occupationnels de jour (COJ) sont destinés aux adultes en situation de handicap qui disposent d’une certaine autonomie et qui ne relèvent pas d’accueil médicalisés mais qui ne sont pas aptes malgré tout à exercer un travail productif y compris en établissement et service d’aide par le travail (ESAT). Il s’agit de développer l’autonomie des personnes en situation de handicap par la réalisation d’activités quotidiennes diversifiées.
    • Les foyers d’hébergement pour travailleurs en situation de handicap proposent un hébergement et un accompagnement à des adultes qui exercent une activité professionnelle en journée, notamment en milieu ordinaire, en entreprise adaptée ou en établissement et service d’accompagnement par le travail (ESAT). L’accompagnement peut notamment porter sur l’autonomie, la vie quotidienne et la participation à la vie sociale.

Séjour long et médicalisé 

  • Les établissements d'accueil médicalisé (EAM), anciennement appelés foyers d'accueil médicalisé (FAM), accueillent des adultes en situation de handicap ayant besoin d'un accompagnement médicalisé et d'une aide importante dans les actes essentiels de la vie quotidienne.
  • Les maisons d'accueil spécialisées (MAS) accueillent des adultes en situation de handicap nécessitant une assistance importante dans les actes essentiels de la vie quotidienne ainsi qu'une surveillance médicale et des soins constants.

Pour plus d’informations sur les hébergements des personnes en situation de handicap

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