Sarah El Haïry appelle à engager toute la chaîne de responsabilité pour mettre fin aux violences faites aux enfants, notamment dans l'espace numérique

Lors de la Réunion mondiale de l’Alliance des pays pionniers pour mettre fin aux violences faites aux enfants

Publié le | Temps de lecture : 3 minutes

Crédit : Haut-commissariat à l'Enfance

À l'occasion de la réunion mondiale de l'Alliance des pays pionniers pour mettre fin aux violences faites aux enfants, organisée à Turin sous l'égide des Nations unies, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance, a réaffirmé l'engagement de la France en faveur d'une protection renforcée des enfants et appelé la communauté internationale à franchir une nouvelle étape dans la lutte contre les violences, particulièrement dans l'environnement numérique.

Réunissant les 52 États membres de l'Alliance, cette rencontre mondiale vise à accélérer la mise en œuvre des engagements internationaux pris pour prévenir et combattre toutes les formes de violences faites aux enfants à l'horizon 2030.

La haute-commissaire a rappelé que les violences faites aux enfants demeurent « l'une des violations des droits humains les plus massives, les plus silencieuses et les plus universelles de notre temps ». Elle a souligné la mobilisation constante de la France, notamment à travers le Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027 et la Stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel et l'exploitation sexuelle, menés conjointement avec la ministre Stéphanie Rist.

Face à l'essor des violences commises ou facilitées en ligne, Sarah El Haïry a insisté sur la nécessité d'un changement de paradigme : « Le temps est venu de regarder l'ensemble de la chaîne de responsabilité. Dans le monde réel, personne n'accepterait qu'un commerce expose des images pédocriminelles, qu'un hébergeur ferme les yeux sur des crimes commis dans ses locaux ou qu'un intermédiaire profite de leur diffusion sans rendre de comptes. Dans le monde numérique, nous devons appliquer la même exigence. »

La haute-commissaire a ainsi appelé à renforcer la responsabilité de l'ensemble des acteurs qui, directement ou indirectement, permettent la diffusion, l'hébergement, la monétisation ou le maintien en ligne de contenus pédocriminels ou d'activités d'exploitation sexuelle des enfants : « Nous devons aller au-delà de la seule responsabilité des auteurs. Ceux qui hébergent, ceux qui facilitent, ceux qui financent, ceux qui ferment les yeux malgré les signalements doivent également répondre de leurs actes ou de leurs manquements. La non-dénonciation, l'inaction et la complaisance ne peuvent plus constituer des zones grises de l'espace numérique. »

Sarah El Haïry a également plaidé pour une coopération internationale renforcée afin d'améliorer les mécanismes de signalement, accélérer le retrait des contenus illicites, harmoniser les cadres juridiques et exiger des plateformes numériques qu'elles placent l'intérêt supérieur de l'enfant au cœur de leur modèle de fonctionnement.

La France poursuivra son engagement au sein de l'Alliance des pays pionniers, avec l'ambition de porter de nouveaux engagements concrets en faveur de la protection des enfants partout dans le monde : « La protection de l'enfance ne peut pas être un sujet de concurrence entre États. Elle doit être un sujet d'alliance. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que chaque enfant puisse grandir à l'abri des violences physiques comme numériques. »

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