Le Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire (Cocolupa)

Publié le Mis à jour le 29/06/2026 | Temps de lecture : 10 minutes

Le Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire (Cocolupa) est une instance créée par l’État en 2020 qui rassemble les divers types d’acteurs de la lutte contre la précarité alimentaire : associations de solidarité, collectivités territoriales, administrations et institutions, fondations privées, organismes de la recherche publique, etc. Il coordonne les actions de lutte contre la précarité alimentaire et permet de travailler collectivement sur des problématiques auxquelles les acteurs font face au sein de groupes de travail. 

Depuis sa création, le Cocolupa a donné lieu à deux cycles de travail pour l’évolution de l’aide alimentaire et la lutte contre la précarité alimentaire.

Qu’est-ce que le Cocolupa ? 

Le Cocolupa a été créé le 8 septembre 2020 par l’État en réponse à la crise du Covid-19, à l’initiative des ministères en charge des Solidarités, de l’Agriculture et de l’Alimentation, et du Logement. Il rassemble les divers types d’acteurs de la lutte contre la précarité alimentaire : associations de solidarité, collectivités territoriales, administrations et institutions, fondations privées, organismes de la recherche publique, etc. 

En savoir plus sur le lancement du Cocolupa.

Le Cocolupa a pour objectif de :

  • créer un espace de dialogue durable entre les acteurs de la lutte contre la précarité alimentaire ;
  • structurer durablement la coordination des acteurs de la lutte contre la précarité, en tenant compte de l’autonomie des personnes, de l’environnement et de la qualité de l'alimentation. 

Le Cocolupa pilote et suit les travaux qui sont menés au sein des groupes de travail. Ces travaux ont différentes finalités : éclairer la décision publique, outiller les acteurs de terrain mais aussi produire de l’expertise et des analyses partagées entre parties prenantes.

Il y a 4 ans, la DGCS s'est vu confier le pilotage du Cocolupa, une instance ambitieuse au nom curieux, qu'on va vous présenter tout de suite.

Zoom DGCS 
le Cocolupa : Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire
5 minutes pour comprendre

Jean-Benoît Dujol, directeur général de la cohésion sociale : Pendant la pandémie de Covid-19, l'importance des échanges réguliers entre l'État et les acteurs de terrain est devenue évidente. Cette période a mis en lumière les difficultés rencontrées et les besoins urgents en matière de précarité alimentaire. De nombreux ménages se sont retrouvés en situation de vulnérabilité alimentaire, nécessitant une réponse rapide et coordonnée pour assurer leur sécurité et leur bien-être. Les acteurs sur le terrain ont dû faire face à des défis sans précédent tels que l'augmentation de la demande d'aide alimentaire, les ruptures de stock, les restrictions logistiques dues aux mesures sanitaires. Ces difficultés ont souligné la nécessité d'une meilleure coordination et d'une réponse plus structurée face aux nombreux enjeux de lutte contre la précarité alimentaire.

La DGCS soutient de nombreux dispositifs de lutte contre la précarité alimentaire : distributions de colis, de repas ou de paniers, épiceries sociales et solidaires, jardins collectifs, maraudes, etc.

Alors dans ce contexte, comment mieux coopérer pour faire face à l'augmentation des files actives, à la baisse des dons et comment apporter une réponse efficace aux personnes concernées par la précarité alimentaire.

Yann Auger, directeur général d'Andès (association nationale des épiceries solidaires) : C'est dans ce contexte que le Cocolupa a été créé comme instance principale de coordination de l'aide alimentaire, permettant même de travailler sur la gouvernance pour en clarifier le cadre et le fonctionnement global avec un tour de table très complet de nombreuses associations, institutions, des collectivités, plusieurs ministères représentés dans une approche interministérielle indispensable pour traiter de toute la complexité de notre sujet. Au Cocolupa, on parle de beaucoup de choses : on peut y évoquer les difficultés que l'on rencontre sur le terrain, y faire part des actualités du moment. Autre avantage du Cocolupa, il permet de rencontrer nos homologues, les autres associations évoluant dans le même secteur pour mieux se connaître et ainsi envisager des partenariats. Une fois le cadre posé, il faut préciser que bien sûr le Cocolupa fait face à des défis. Ce n'est quand même pas si simple de coordonner tous ces acteurs très nombreux. Un autre enjeu pour le Cocolupa, c'est de produire des travaux qui soient utilisables par tout le secteur mais aussi et surtout aux structures sur le terrain qui doivent pouvoir s'emparer des livrables, des rapports, des différents outils qui sont produits. Plus globalement, un des enjeux du Cocolupa, c'est de parvenir à faire comprendre ce qui s'y déroule ce que l'on y fait. Le nom fait parfois sourire. Et ensuite il faut pouvoir expliquer à quoi sert cette instance et en quoi elle peut être utile à l'ensemble du secteur de la lutte contre la précarité alimentaire.

Bérénice Blondel, chargée de mission Lutte contre la précarité alimentaire : Pour atteindre ces objectifs, le Cocolupa s'organise sous la forme de groupes de travail en plus des deux réunions plénières annuelles. Ces groupes favorisent la meilleure coordination entre les acteurs. Ils œuvrent à l'analyse de données, au suivi de bonnes pratiques et élaborent des propositions. En 2021, le Cocolupa a lancé son premier cycle de travail avec un plan d'action coconstruit avec ses membres. Huit groupes de travail ont été mis en place avec une vingtaine de participants par groupe et les travaux se sont clôturés en fin 2023.

Yann Auger : Pour être très concret, on peut citer une des réalisations clés de la première séquence du Cocolupa à savoir la création du programme Mieux Manger Pour Tous, qui permet aux associations de s'approvisionner en denrée de qualité et notamment en fruits et légumes comme vous pouvez le voir ici dans l'épicerie solidaire.

Bérénice Blondel : Le premier cycle de travail a été très riche en enseignement pour les membres du Cocolupa et a initié de nouvelle piste d'action. Cela a donné lieu au 2e cycle de travail lancé au mois de juin 2024. Ce deuxième cycle est composé de quatre groupes de travail dont les sujets sont très riches et ont été construits en concertation. Il y a un groupe de travail sur la coopération entre les acteurs, un groupe sur la question des données, un groupe sur le programme Mieux Manger Pour Tous et un dernier groupe de travail sur le pouvoir d'agir des personnes en situation de précarité alimentaire.

Jean-Benoît Dujol : Il est cependant important de noter que la lutte contre la précarité alimentaire est un défi de longue haleine. Le Cocolupa continue de travailler pour mettre en œuvre des recommandations formulées et pour adapter ses actions aux évolutions du contexte et aux personnes concernées par la précarité alimentaire. Comme pour de nombreuses politiques sociales sur lesquelles DGCS travaille, il est nécessaire de penser en articulation cette politique avec la question écologique. L'articulation entre le Cocolupa et les enjeux de durabilité se fait d'ailleurs à plusieurs niveaux, avec d'abord la promotion de la qualité nutritionnelle et l'origine des aliments, la lutte contre le gaspillage alimentaire, la promotion de l'agriculture durable, l'éducation alimentaire ou encore l'optimisation des circuits logistiques des dispositifs de lutte contre la précarité alimentaire.

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Direction générale de la cohésion sociale

Organisation et fonctionnement 

Le Cocolupa est une instance informelle qui se réunit régulièrement, sous la présidence de la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et en présence des différents acteurs (associations, administrations centrales et déconcentrées, collectivités, etc.), avec l'ambition de faire évoluer le modèle français de lutte contre la précarité alimentaire

Le Cocolupa est encadré par une Charte de fonctionnement qui précise son organisation générale, sa composition, ses missions et la tenue de ses travaux. Toute modification de la Charte doit être présentée au Cocolupa plénier, en vue d’être adoptée. 

Consultez la charte de fonctionnement du Cocolupa en cliquant sur le lien ci-dessous :

Premier cycle de travail : plan d’action de transformation de l’aide alimentaire et de lutte contre la précarité alimentaire

Lancé en juillet 2021, le plan d’action de transformation de l’aide alimentaire et de lutte contre la précarité alimentaire a été co-construit par les membres du Cocolupa autour de cinq objectifs :

  • garantir la réponse à court terme aux situations d’urgence : répondre aux besoins essentiels de se nourrir et de nourrir les siens ;
  • prévenir la précarité alimentaire en tenant compte des réalités de chaque public ;
  • activer les différents leviers : juridique, financier, de partage de l’information, de capitalisation des savoirs et mutualisation des connaissances ;
  • garantir une gouvernance partagée avec les acteurs, interministérielle et territorialisée ;
  • intégrer la dignité, l’autonomie des personnes, la qualité nutritionnelle de l’alimentation et les enjeux de durabilité du système, à tous les niveaux de lutte contre la précarité alimentaire.

Une attention spécifique est portée afin de rendre la politique de lutte contre la précarité alimentaire plus participative, de pouvoir prendre en compte les problématiques propres à chaque public et de permettre de mieux répondre à leurs besoins.

Ce plan d’action a permis de cadrer le premier cycle de travail du Cocolupa (2021-2022) qui s’est organisé en huit groupes de travail (GT) composés de différents acteurs de la lutte contre la précarité alimentaire :

  1. Mieux caractériser la précarité alimentaire et les parcours des personnes en situation de précarité alimentaire ;
  2. Clarifier la gouvernance nationale et territoriale de la politique de lutte contre la précarité alimentaire ;
  3. Mutualiser les connaissances afin de permettre l'essaimage des bonnes pratiques et inspirer de nouveaux modèles ;
  4. Rapprocher les acteurs de l’économie sociale et solidaires intervenant sur la chaine de production / transformation / transport / distribution, et créer des partenariats pour des filières solidaires ;
  5. Rendre la politique de lutte contre la précarité́ alimentaire participative et inclusive en co-construction avec les personnes concernées ;
  6. Favoriser l’accès d’une alimentation favorable à la santé ;
  7. Diversifier les sources d’approvisionnement tout en intégrant les enjeux liés au développement durable ;
  8. Encourager et favoriser la création et le développement de toutes les formes d’accès à l’alimentation, émancipatrices pour les personnes et durables. 

Ces travaux ont permis notamment de :

  • disposer de plusieurs schémas de gouvernance de la lutte contre la précarité alimentaire ;
  • identifier les projets de filières solidaires dans le domaine de l’aide alimentaire ;
  • de favoriser la participation des personnes concernées dans les montages des projets ;
  • actualiser le guide permettant de concevoir des colis alimentaires équilibrés ;
  • analyser l’impact des stratégies de lutte contre le gaspillage alimentaire sur la qualité des dons et identification des mesures d’amélioration.

Cliquez ici pour consulter les livrables du premier cycle de travail du Cocolupa.

Deuxième cycle de travail : lancement d’une nouvelle feuille de route 

Le premier cycle de travail du Cocolupa a été riche en enseignements, et a permis d’identifier les travaux à engager dans le deuxième cycle avec la création de quatre nouveaux groupes de travail dédiés à des problématiques spécifiques, identifiées par les acteurs du secteur :  

  • « Coopérations et mutualisations entre les acteurs » pour livrer un état des lieux des formes de la coopération dans la lutte contre la précarité alimentaire en capitalisant sur les expériences existantes et en identifiant leurs conditions de réussites ;
  • « Mobilisation des données » dans l’objectif de sécuriser les données remontées par les associations habilitées à l'aide alimentaire pour en améliorer la fiabilité ;
  • « Renforcement du pouvoir d'agir » pour étudier l’impact de l’accompagnement sur l’émancipation des personnes concernées et penser leur intégration dans la gouvernance des projets de lutte contre la précarité alimentaire ;
  • « Suivi de l'évaluation du programme Mieux Manger Pour Tous » dont les actions sont déployées jusqu’en 2027.

Le contenu des groupes de travail a été adopté en assemblée plénière fin juin 2024. Des fiches de cadrage fixant les objectifs et les travaux de ces quatre groupes sont présentés dans la feuille de route du deuxième cycle de travail du Cocolupa.

Les groupes de travail ont été lancés à partir de l’automne-hiver 2024.

La mise en œuvre de ce cycle de travail se matérialise en 2026 par :

  • des travaux sur la mise en œuvre concrète de la participation de personnes en situation de précarité alimentaire au sein du comité ;
  • la poursuite des réunions des groupes de travail tout au long de l’année ;
  • des assemblées plénières en juin et en décembre.

Groupe de travail « Renforcement du pouvoir d’agir »

Ce groupe de travail avait pour ambition de travailler sur l’accueil et la participation des personnes concernées dans les dispositifs de lutte contre la précarité alimentaire. Il était composé de structures (associations, administrations et institutions) et de personnes concernées par la précarité alimentaire. Le groupe a choisi de produire :

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