Colloque « Transition écologique, juste et sécurisante »

21 et 22 septembre 2026

Publié le | Temps de lecture : 6 minutes

Crédit : Jevtic / Getty Images

Les 21 et 22 septembre prochains se tient le colloque « Transition écologique, juste et sécurisante », organisé par la direction générale de la Cohésion sociale (DGCS) et huit partenaires experts des enjeux écologiques et sociaux. Dressant le bilan d’un appel à contributions lancé par la DGCS en septembre dernier, cet événement fait le point sur le moment institutionnel, social et politique de la notion de « transition juste ».

La DGCS a débuté il y a plus de deux ans un travail d’ampleur sur les questions à l’intersection des enjeux environnementaux et des politiques sociales. Ainsi, le colloque qui se déroulera les 21 et 22 septembre prochains constitue l’aboutissement d’un projet lancé en 2024 en partenariat avec la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), le Haut Conseil pour le Climat, l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), l’Institut Mutualiste pour l’Environnement et la Solidarité, le Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP), l'ADEME, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), et l’Institut pour la Recherche du Groupe Caisse des Dépôts, ce dernier Institut soutenant financièrement l’initiative. 

Cet événement est d’abord l’occasion de procéder à la restitution des réponses faites à l’appel à contributions « Transition juste et sécurisante », publié il y a exactement un an par la DGCS. Ce dernier visait à « repérer et analyser les innovations locales qui permettent de penser l’avenir des protections sociales face aux enjeux écologiques et de justice sociale ». Ce projet a été piloté par un comité scientifique présidé par Nicolas Duvoux (CNLE et Université Paris 8) et Charlotte Halpern (Sciences Po), et composé d’Olivier Bouba-Olga (Université de Poitiers), Maÿlis Dupont (FAS), Claire Thoury (Institut Mutualiste pour l'Environnement et la Solidarité), Marion Bet (IDDRI), Tom Chevalier (LIEPP), Virginie Gimbert (CNAF), Patrick Jolivet (ADEME), Coralie Robert (CRH), Franck Poupeau (CREDA) et Florence Allot (HCC). Quinze textes ont été sélectionnés à l’issu de ce processus, portant sur un ensemble de thématiques diverses dans les domaines de :

  • l’alimentation et de la santé ; 
  • du logement et de la précarité énergétique ; 
  • de l’intégration au marché de travail ; 
  • des enjeux locaux et de ceux propres aux territoires ultra-marins. 

Le colloque porte ainsi l’ambition d’ouvrir le dialogue sur la question de la « transition juste », grâce au recueil et à l’analyse d’expériences concrètes sur le terrain, en adoptant une perspective nationale, comparée et incarnée. Lors du colloque seront également présentés les résultats d’un ensemble d’études qualitatives et quantitatives inédites, commandées par la DGCS à l’occasion de cet événement. Parmi elles, une enquête approfondie auprès de trente individus sur leur perception de la transition écologique et de la place de la protection sociale dans l’accompagnement aux adaptations ; ainsi qu’une étude quantitative visant à mieux appréhender les dimensions personnelle et collective des conséquences du dérèglement climatique chez les Français.

  1. Données quantitatives sur les dimensions personnelle et collective des conséquences du dérèglement climatique, par l’insertion de questions dans l’enquête Conditions de vie et aspirations des Français du Crédoc (vague décembre 2025-janvier 2026). 

    L’enquête révèle que 7 personnes sur 10 pensent être en mesure de protéger leur vie personnelle des conséquences du dérèglement climatique, et cela quelles que soient les catégories sociales, les territoires ou le statut d’occupation du logement. Cette proportion s’explique probablement par la méconnaissance élevée de la population française des actions à entreprendre pour se protéger des risques climatiques (sac d’urgence, etc.). L’inquiétude de ne pas réussir à se protéger par soi-même est toutefois plus marquée parmi les catégories effectivement les plus exposées : bas revenus, femmes et personnes isolées socialement. La confiance en soi en matière de capacité de protection individuelle ne doit pas être interprétée comme un déni des enjeux environnementaux : 61 % des personnes enquêtées se disent conscientes que le dérèglement climatique va entraîner des changements importants dans leurs modes de vie, et 48 % déclarent qu’il les rend plus anxieux au quotidien. Cependant, la part de Français inquiets du risque climatique recule nettement depuis trois ans, la multiplication d’autres sources d’inquiétudes (guerres, violence, dégradation des conditions économiques et de vie) semblant laisser peu de place à se projeter, en sus, dans une nouvelle ère climatique.

    Consultez l'étude du Crédoc.

  2. Données qualitatives par la réalisation d’une enquête qualitative sur « la perception sociale de la transition écologique et la place de la protection sociale dans l’accompagnement aux adaptations » par l’Institut Viavoice.

    Cette étude a été menée auprès de 30 individus constituant un échantillon diversifié en termes de lieux d’habitat, d’âge, de genre et de catégorie sociale. Elle met en évidence un paradoxe central : les participants n'ont jamais été autant confrontés aux conséquences concrètes du dérèglement climatique, pourtant cela ne les conduit pas spontanément à envisager le dérèglement climatique comme un risque collectif appelant une logique de mutualisation. Ce constat s’explique par des appréhensions variées des enjeux environnementaux (climatoscepticisme, risques perçus comme individuels ou localisés), mais également à l’aune d’une méconnaissance du système de protection sociale et d’un doute en la capacité de celui-ci à endosser des missions supplémentaires, car perçu comme déjà largement fragilisé dans sa réponse aux risques d’ores-et-déjà mutualisés. 

    Consultez l'enquête sur « la perception sociale de la transition écologique et la place de la protection sociale dans l’accompagnement aux adaptations » de l’Institut Viavoice.

  3. Revue de littérature académique et institutionnelle sur l’adaptation à la crise environnementale dans le champ de l’action sociale par la Mission analyse stratégique, synthèses et prospective (MASSP)

    Ce travail détaille les ressources et données existantes sur l’exposition et la vulnérabilité aux risques écologiques des publics DGCS, puis présente les différents leviers d’action publique identifiés par la littérature en matière de gestion et de mutualisation des risques. Il rappelle également l’importance de ne pas appréhender adaptation et atténuation indépendamment, mais de penser leur mise en œuvre en complémentarité, la décarbonation et la dépollution constituant des conditions nécessaires à une adaptation durable des secteur social et médico-social. 

    Consultez la revue de littérature de la MASSP.

  4. Note de synthèse des contributions des conseillers aux affaires sociales en ambassades (Allemagne, Espagne, Italie, Norvège, Suède, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Chili et Brésil) sur les politiques de transition juste à l’international. 

    Ces contributions soulignent une reconnaissance croissante du concept de « transition juste », malgré des freins persistants à la mise en œuvre de politiques adoptant cette approche, notamment des insuffisances en matière de financement, des difficultés de gouvernance, mais aussi l’influence de lobbys ainsi que des réticences politiques aux questions environnementales. Par ailleurs, la structuration de ces politiques reste très sectorialisée, complexifiant l’identification des mesures mises en place par chaque pays et confirmant que la transition juste ne constitue pas encore un axe de politiques publiques clair et commun à tous les pays interrogés.

    Consultez la note de synthèse des contributions des conseillers aux affaires sociales en ambassades de la MASSP.

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