Après l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry engage le combat européen pour protéger les enfants
Communiqué de presse
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Une semaine après l'adoption de la loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France, la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, s'est rendue à Dublin à l'invitation de la présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne les 30 et 31 juillet pour porter cette ambition à l'échelle européenne.
Le message de la France est clair : face à des plateformes mondiales, la protection des enfants ne peut plus être seulement nationale. Elle doit devenir européenne.
L'adoption de la loi française constitue une étape décisive, mais elle ne saurait suffire. Les réseaux sociaux, les algorithmes de recommandation et les modèles économiques fondés sur la captation de l'attention ignorent les frontières : la protection des enfants doit donc s'appuyer sur des règles communes, ambitieuses et applicables dans toute l'Union européenne.
À Dublin, Sarah El Haïry a ainsi appelé à ouvrir un nouveau chantier européen : faire émerger un véritable « Child Safe by Design », selon lequel les plateformes et services numériques devraient être conçus, dès leur développement, pour garantir l'intérêt supérieur de l'enfant. Paramètres protecteurs par défaut, limitation des mécanismes addictifs, réduction de l'exposition aux contenus violents ou pornographiques, protection contre les sollicitations d'inconnus : ces garanties doivent devenir la norme et non l'exception.
La haute-commissaire a également proposé que l'Europe se dote de standards communs permettant de démontrer concrètement le respect des droits de l'enfant, à l'image de ce que le RGPD a permis pour la protection des données personnelles. Cette approche offrirait aux familles une protection renforcée, aux entreprises un cadre clair et prévisible, et à l'Europe l'opportunité de devenir la référence mondiale en matière de droits de l'enfant dans le numérique.
Ce déplacement a également permis à la France de défendre une autre priorité : faire de la participation des enfants une exigence démocratique. Devant des jeunes venus de toute l'Europe, Sarah El Haïry a rappelé que leur parole ne doit plus être seulement recueillie, mais doit produire des effets mesurables dans les décisions publiques.
Enfin, la haute-commissaire a proposé que l'Union européenne se dote d'un indicateur d'impact sur l'enfance, afin que chaque réforme, chaque politique publique et chaque innovation puissent être évaluées au regard de leurs conséquences concrètes sur les droits, la santé, le développement et la protection des enfants.
« Avec l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, la France a fait le choix d'agir. Mais aucun État ne protégera durablement ses enfants seul. Face à des plateformes mondiales, notre responsabilité est désormais de bâtir une réponse européenne. Comme l'Europe a su imposer un standard mondial pour la protection des données avec le RGPD, elle peut aujourd'hui devenir la référence mondiale pour la protection des droits de l'enfant. Le projet européen est clair : une Europe qui protège davantage, qui écoute réellement les enfants et qui construit le numérique avec eux plutôt que contre eux. » a expliqué Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance.
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