Les Budgets de référence (BdR) agricoles
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En lien avec les travaux du comité scientifique du CNLE sur les conditions d’organisation des systèmes alimentaires garantissant un accès à une alimentation saine, durable, abordable et respectueuse des agriculteurs, une démarche a été entreprise pour définir « les budgets de référence » pour des ménages d’agriculteurs exploitants. L’objectif est d’appréhender ce que recouvrent des conditions de vie décentes pour ces ménages en vue d‘améliorer la situation de ceux qui en sont éloignés, et aussi d’obtenir un éclairage sur la notion de juste rémunération (ou la rémunération décente) pour cette catégorie d’actifs.
Ce travail de recherche inédit et exploratoire a fait l’objet d’une phase d’expertise préalable, avant la présentation d’une note de cadrage par le Credoc le 10 février dernier au sein du comité de suivi spécialement mis en place pour suivre ces travaux. Cette note aborde notamment la méthodologie et l’identification des postes de besoins à ajuster pour répondre à la particularité des besoins des ménages agricoles, par rapport à ceux des budgets de référence réalisés en milieu rural. De tous premiers résultats issus d’un groupe « base line » de participants agricoles ont déjà révélé certains traits distinctifs (notamment : santé, autoconsommation alimentaire, prévoyance, vie sociale), qui ont été discutés le 17 mars en comité de suivi.
Pour rappel, après un premier rapport de l’Onpes sur les budgets de référence BdR réalisés en ville moyenne par le Crédoc, le CNLE a publié en décembre 2022 un second opus sur les BdR cette fois-ci en milieu rural, en ville moyenne et en Métropole du Grand Paris. Dans le cadre d’un exercice auquel le CNLE a collaboré activement, l’ADEME a engagé des travaux visant à « verdir » ces budgets de référence en recherchant les alternatives environnementalement moins impactantes des composantes de ces budgets.
Ce travail sur les « budgets de référence » agricoles est réalisé en lien avec d’autres travaux du CNLE afin d’apporter des éléments de réponse :
- À la saisine de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, Catherine Vautrin, datée du 18 avril 2025, adressée au CNLE, lui demandant d’expertiser les conditions d’organisation des systèmes alimentaires garantissant un accès équitable à une alimentation saine et vertueuse au plan environnemental, et respectueuse des agriculteurs. Le CNLE est ainsi invité à se saisir de la question d’une meilleure rémunération des agriculteurs.
- Pour poursuivre le travail déjà engagé sur les enjeux associés à l’alimentation saine et durable. En effet, le CNLE avait été saisi récemment par la ministre des Affaires sociales, Catherine Vautrin, pour émettre un avis sur la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025/2030 (SNANC). Cette stratégie, ambitieuse, issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, cherche à outiller l’action publique avec une gouvernance coordonnée des politiques liées à l’alimentation, la santé et l’environnement. L’avis du CNLE sur la SNANC a été publié en juin 2025.
- Pour prolonger et enrichir les travaux sur l’accès à une alimentation durable, suite à la publication en juin 2024 du rapport du CNLE Faire de la transition un levier de l’inclusion sociale – L’impact social de la transition écologique, conformément à son programme de travail. Il avait consacré en 2023, dans le cadre de son comité de pilotage, une journée consacrée aux enjeux alimentaires.