Victime ou témoin de maltraitances envers un adulte vulnérable, j’appelle le 3133
Le nouveau numéro national contre les maltraitances
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Vous êtes victime ou témoin de maltraitances envers une personne adulte vulnérable, âgée, en situation de handicap ou de précarité ? Depuis le 1er mars 2026, le 3133 est le numéro national dédié à la lutte contre les maltraitances. Il remplace le 3977. Ce numéro est gratuit et accessible 7 jours/7, de 9 h à 20 h.
La maltraitance envers les personnes vulnérables – personnes âgées, en situation de handicap ou de précarité – est une réalité préoccupante qui peut prendre différentes formes : violences physiques, psychologiques, financières ou liées à de la négligence. Elle se manifeste souvent par un abus de pouvoir ou un défaut de soins, que ce soit à domicile ou en institution. Ces actes portent gravement atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des personnes particulièrement vulnérables. La sensibilisation et le signalement sont essentiels pour briser le silence et protéger les victimes.
Qui peut appeler le 3133 ?
Le 3133 peut être composé par tous. Il est ouvert à toute personne victime ou témoin d’une situation de maltraitance :
- une personne âgée ;
- une personne majeure en situation de handicap ;
- une personne majeure en situation de précarité ;
- un proche, un aidant ou toute personne témoin ou inquiète pour une personne vulnérable.
Qu’est-ce qu’une situation de vulnérabilité ?
Une personne se sent ou est en situation de vulnérabilité lorsqu’elle se trouve en difficulté voire dans l’impossibilité de se défendre ou de faire cesser une maltraitance à son égard ou de faire valoir ses droits du fait de son état de santé, d’une situation de handicap, d’un environnement inadapté ou violent, d’une situation de précarité ou d’une relation d’emprise.
Appeler le 3133 permet de bénéficier d'une écoute professionnelle, d'un accompagnement personnalisé et d'une orientation vers une réponse adaptée à votre situation. Ce numéro est à votre disposition même en cas de doute. Il participe au repérage des maltraitances afin d’y apporter des solutions au plus tôt.
Pour planifier un appel avec le 3133 ou demander à être rappelé, veuillez compléter ce formulaire.
Pour les personnes sourdes ou malentendantes, le numéro est également accessible via ce lien : Accessibilité du 3133.
Que se passe-t-il lorsque j’appelle le 3133 ?
- Je suis victime ou témoin de maltraitance envers une personne vulnérable, j’appelle le 3133.
Un professionnel formé m’écoute et analyse la situation. En fonction des faits :
- la déclaration relève de faits de maltraitances, celle-ci est transmise à l’autorité compétente : l’agence régionale de santé, le conseil départemental ou la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités ;
- dans les autres cas, je suis orienté vers les interlocuteurs adaptés à ma situation.
- Pour les situations de maltraitance, je suis informé de l’avancée de ma demande en recevant un retour d’information par mail.
Quels sont les signaux qui alertent sur la souffrance d’une personne maltraitée ?
Vous êtes un professionnel du soin ou de l’accompagnement social d’une personne vulnérable à domicile ou en établissement. Des signes peuvent vous alerter sur des faits de maltraitance :
- changement de comportement, d’attitude : tristesse, détresse, etc. ;
- négligence : tenue négligée, logement mal entretenu, etc. ;
- blessures ou traces de coup.
Le 3133 vous accompagne dans votre démarche et vous apporte conseil si besoin.
La maltraitance : la qualifier pour mieux la combattre
La Commission nationale de lutte contre la maltraitance et de promotion de la bientraitance a établi un vocabulaire spécifique pour définir la maltraitance :
Il y a maltraitance d’une personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action, compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux, et/ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement.
Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non ; leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations.
Les maltraitances surviennent souvent dans des relations de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement. Elles prennent plusieurs formes :
La maltraitance physique est la forme la plus visible de violence. Elle inclut les coups, les bousculades, les brûlures, les morsures, ou encore l'administration inappropriée de médicaments ou de substances.
Ce type de violence est plus difficile à détecter car elle ne laisse pas de traces physiques. Elle comprend :
- les agressions verbales : insultes, cris, menaces ;
- le harcèlement : dévalorisation constante, humiliations ;
- l'isolement social (ou maltraitance civique) : empêcher la personne de voir ses proches ou de communiquer avec l'extérieur ;
- le chantage affectif : culpabilisation.
Il s'agit de tout acte à caractère sexuel commis avec menace, contrainte, surprise ou violence (agressions sexuelles, viols, etc.), ou sur une personne qui n'est pas en mesure de donner son consentement (mineurs, personnes vulnérables).
Elle survient lorsqu'un besoin fondamental n'est pas satisfait par la personne qui en a la responsabilité. On distingue :
- la négligence physique : manque de nourriture, d'hygiène, d'habillement ou de soins médicaux et douleurs non prises en compte (maltraitance médicales)
- la négligence émotionnelle : manque d'attention, d'affection ou de soutien moral.
Elle inclut :
- le vol d'argent ou de biens ;
- l'utilisation forcée ou détournée d'une procuration bancaire ;
- l'extorsion ou les pressions concernant un testament ou une succession.
Elle se produit au sein de structures (écoles, hôpitaux, EHPAD, prisons) où des règles inadaptées, un manque de personnel ou des pratiques routinières finissent par porter atteinte aux droits et au bien-être des individus.
Les phénomènes de maltraitance se manifestent fréquemment par une accumulation de faits. Parfois insidieux, certains comportements du quotidien finissent par isoler la personne vulnérable.
Les maltraitances peuvent découler d’actes intentionnels ou sans intention de nuire. L'omission de soins, souvent liée à un déficit d'information, constitue une forme de maltraitance involontaire. Puisque ces situations peuvent survenir dans n'importe quel cadre (privé ou professionnel), une attention de tous les instants est requise pour prévenir et signaler ces abus.
La lutte contre les maltraitances est l’affaire de tous
La lutte contre les maltraitances s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale dédiée dont l’un des objectifs est de renforcer significativement la prévention, le repérage et l’accompagnement des situations de maltraitance. L’utilisation des dispositifs d’alerte et d’écoute est essentielle pour arrêter les maltraitances.
Pour rappel :
- La loi 2016-1691 du 9 décembre 2016 dite « loi Sapin » protège les lanceurs d’alertes.
- La non-assistance à personne en danger est punie par la loi.
- Loi Bien vieillir : Article L119-1 - Code de l'action sociale et des familles
Autres ressources
- Sites et ressources utiles contre la maltraitance | solidarites.gouv.fr
- En savoir plus sur les maltraitances : Agir contre les maltraitances | solidarites.gouv.fr