Assemblée plénière du CNLE du 15 septembre 2026

Publié le | Temps de lecture : 5 minutes

Crédit : CNLE

Le président du CNLE, Nicolas Duvoux, a ouvert l’assemblée plénière de rentrée en remerciant tout d’abord les membres du CNLE qui donnent de leur temps et de leur savoir pour mener à bien les chantiers de l’instance.

Il est ensuite revenu sur certains sujets d’actualité, mis au regard des travaux menés par le CNLE, notamment la question du dérèglement climatique, dont les effets, comme la canicule de cet été, impactent plus durement les plus fragiles et les plus modestes. Il a souligné que le CNLE avait alerté dès 2024 sur ces enjeux dans son rapport consacré à l’impact social de l’écologie, dont il a souhaité réitérer les messages, en exprimant le souhait qu’ils soient pleinement pris en compte par les pouvoirs publics.

Le président du CNLE a poursuivi son intervention en évoquant le retour de l’inflation, en particulier l’augmentation du prix des produits alimentaires et du prix de l’énergie. Il a rappelé que les ménages les plus modestes sont les moins émettrices et les moins responsables du dérèglement climatique, mais ils sont pourtant les plus exposés aux conséquences. 

Il a terminé son exposé introductif en revenant sur les chiffres de la pauvreté publiés par l’INSEE concernant l’augmentation inédite de la pauvreté et souligné l’importance de la mesure et du suivi de son évolution à travers les dispositifs d’observation sociale et les différents indicateurs mobilisés pour en rendre compte. 

La réunion s’est poursuivie avec l’intervention de Christine Olm, directrice du bureau d’études VizGet, chargé de la synthèse des remontées du baromètre de suivi qualitatif de la pauvreté et de l’exclusion sociale du CNLE. Elle a présenté sa méthodologie, le bilan des huit vagues publiées et les remontées concernant les outre-mer.

L’objectif du baromètre est d’identifier les évolutions des situations de pauvreté et d’exclusion sociale au plus près des réalités vécues et de repérer potentiellement des signaux faibles ou des éléments d'alerte de façon plus réactive que les données de la statistique publique. Les remontées sont réalisées via un questionnaire transmis tous les six mois à une diversité d’acteurs (associations, conseillers bancaires, crédits municipaux, caisses d'allocations familiales…) accompagnant des publics. Il est qualitatif et n'a pas vocation à fournir des chiffres et il n'a pas non plus l'ambition d'être représentatif de la parole des acteurs.

En janvier 2021, le CNLE a été missionné par le Premier ministre, Jean Castex, pour contribuer à l’amélioration de la connaissance qualitative de la pauvreté en France. La première vague avait aussi vocation à être étude de faisabilité. Elle était très portée sur les conséquences de la crise sanitaire. Elle a eu lieu au cours de l'hiver 2021-2022. La dernière vague a eu lieu à l'hiver 2025-2026.

La deuxième partie de la plénière a porté sur l'évolution de la pauvreté et de l'exclusion des enfants, avec dans un premier temps une présentation du baromètre des enfants à la rue de la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS) et l'UNICEF, par Nathalie Latour, directrice générale de la FAS et Julie Lignon, chargée de plaidoyer pour l'UNICEF France. 

Les intervenantes ont déploré la détérioration de la situation depuis 2022, date de la première enquête, et l’échec des pouvoirs publics dans la lutte contre le sans-abrisme. Elles s’inquiètent notamment d’une sous-évaluation de l’augmentation du nombre d’enfants à la rue, du taux de non-recours des personnes qui n’appellent plus le 115 et de l’augmentation de la part des familles parmi le nombre de personnes dont la demande n'est pas pourvue.

Elles ont abordé les différentes problématiques liées à cette situation, la saturation du dispositif d’hébergement et les impacts sur les personnes concernées.

La situation spécifique des femmes enceintes et des nouveau-nés sans abri, ainsi que le taux de mortalité néonatale plus élevé chez les enfants sans domicile, ont également été pointé, faisant référence à une étude de l'Observatoire du Samu social de Paris et le réseau Solipam.  Elles ont terminé leurs interventions en listant les recommandations du baromètre des enfants à la rue et appelé à « repenser les politiques de lutte contre le sans-abrisme et les politiques de lutte contre la pauvreté, en repensant la place de l'enfant en leur sein et en le repositionnant comme un sujet de droit ».

Dans un second temps, Ophélie Marrel, a présenté un avis de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), sur l'exclusion des enfants de l'espace public ou « no kids », qui est également paru cet été.

Elle a indiqué que dans cet avis, la CNCDH s'est questionnée plus largement sur l'exclusion des enfants de l'espace public au sens large, faisant référence au déploiement des espaces « No Kids », mais aussi « Adults Only ». Elle a précisé que même si ce phénomène est encore peu développé en France, il tend à augmenter ces dernières années.

Elle est ensuite revenue sur la démarche de la CNCDH pour analyser ce phénomène et dresser un état des lieux pour tenter d’expliquer l’exclusion des enfants dans l’espace public, considéré comme une « exclusion socialement construite », avant d’aborder les recommandations faites dans cet avis.

Les participants, en visio et en salle ont pu poser leurs questions et échanger avec les différents intervenants, avant l’intervention du président du CNLE, qui a présenté succinctement le plan détaillé du projet de rapport du CNLE sur la baisse de la pauvreté à 10 ans.

La prochaine assemblée plénière du CNLE se tiendra le mardi 17 novembre 2026, de 09 h 30 à 12 h 30.

Crédit : CNLE

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